Chers amis, nos homologues français nous défient de participer à leur joute aux soufflets du 23 décembre, autant vous dire qu’ils nous ont provoqué comme des teckels en chaleur. On va leur montrer ce qu’est le véritable art de la savate swiss-made.
L’amorce de la terreur
Rien n’est vrai, tout est permis
Ainsi parlait Hasan Ibn Sabbâh, chef spirituel de la secte chiite ésotérique des nizarites. Les membres de ce groupuscule aussi connus sous le nom d’Hashshâshîn, perpétraient, d’Acre à Jérusalem, de spectaculaires assassinats publics de dignitaires templiers lors de la troisième croisade. Ils n’en réchappaient que rarement. Leur geste meurtrier se présente ainsi comme la première forme ritualisée d’attentat suicide, à portée politique et religieuse. A un point tel, que des suppositions étymologiques font découler le terme assassin du nom Hashshâshîn, racine semblable pour le Haschisch, plante qu’ils recevaient en prévision de leur acte.
Avec le temps, le coup de poignard est devenu coup de feu ou déflagration, comme les idéologies ont subi des mutations. Si les manières où les motifs diffèrent, la pulsion qui entraîne l’acte terroriste semble inchangée. Le terrorisme est à considérer, avant toute chose, comme la cristallisation puis l’éclatement de ce qu’Aragon nommait le goût de l’absolu. «Une passion si dévorante qu’elle ne peut se décrire. Elle mange qui la contemple. Tous ceux qui s’en sont pris à elle s’y sont pris. On ne peut l’essayer, et se reprendre»1. L’acte terroriste est un acte tributaire de la passion. Passion comme action d’endurer la souffrance, mais aussi passion pour une cause, pour une idée, pour un imaginaire et des représentations personnelles ou partagées. Une fleur monstrueuse qui «prend parfois le langage du scepticisme comme du désespoir, mais c’est parce qu’il suppose au contraire, une foi profonde, totale, en la beauté, la bonté, le génie, par exemple»2. Le langage choisi par le terrorisme est celui des corps déchiquetés, des cendres et du sang. Le scepticisme est fanatisme. La foi totale, plus celle des dogmes que celle du beau.
Au crépuscule des attentats du 11 septembre, le compositeur Karlheinz Stockhausen a considéré cet acte comme «la plus grande oeuvre d’art jamais réalisée dans le cosmos». Tollé général, la salière vidée sur une plaie béante, l’indignation gronde un manque de respect outrageant pour les victimes et les familles meurtries. Pourtant la fascination est là, tournant sur nos écrans, les images de la collision, puis la chute des tours, imprimant le choc sur la rétine comme pour mieux le faire accepter. Face à l’incompréhensible, l’inimaginable, le temps se met à tourner, des boucles incessantes pour en immobiliser le mouvement. C’est une façon de domestiquer cette «brutale discontinuité qui vient rompre une normalité paisible»3. Images obscènes car déjà vues, on vient revoir ce qui a déjà été aperçu en fiction, sauf qu’ici les images débordent de réel, débordent du réel. Un mouvement de va-et-vient pour exorciser un mal qu’on pensait irréalisable. Cet effet de réel produit est alors immédiatement hissé au rang d’effet esthétique. De l’absurde absolu on ne perçoit que la beauté.
Peu importe la noblesse de la cause défendue le terrorisme est uniquement affaire de légitimation. Entre le terroriste et le résistant, la distinction ne s’établit qu’au travers du contexte socioéconomique et politique dans lequel l’acte est perpétré, comme celui des années futures. Le régime nazi aujourd’hui au pouvoir, la résistance française et anglaise ne serait qu’un réseau de terroristes vaincus. Cette légitimation s’effectue par le regard de celui qui détient le pouvoir et applique sa vérité à l’Histoire. La lutte qui se tient dans le terrorisme moderne oppose un centre à sa marge. Une majorité en proie à ses minorités dissidentes. Le centre est ici un Etat-nation légitimé par une population, un territoire, et reconnu par le reste des Etats-nations dans sa souveraineté. La marge, elle, est idéologique. Son but est le renversement de cette légitimation à son profit. Si l’Histoire est écrite par les vainqueurs, le terrorisme est en quelque sorte un pari sur l’avenir.
Poser la question du terrorisme c’est aussi poser la question de sa mesure. A partir de quel instant peut on qualifier un acte de terroriste? Lorsqu’il y a mort d’homme? avant? après? Doit-on comptabiliser les cadavres? On approche la question du seuil qui est, elle aussi, affaire de perspective. Le terrorisme est, comme la guerre, la continuation de la politique par d’autres moyens, et cette assertion fonctionne dans les deux sens. La bombe du terroriste est chargée de shrapnels et de sens. Son but premier est de produire une rupture suffisamment forte avec la normalité pour que son message politique soit diffusé et entendu. Dans l’autre sens, accuser un adversaire de terrorisme peut devenir l’objectif politique d’un Etat, ou ses institutions, dans le but de décrédibiliser un groupe, une entité résistante.
Ce sont les Etats souverains qui détiennent le monopole de la violence légitime. Sur le champ de bataille, le privilège au meurtre se distingue par l’uniforme, impératif signalétique qui octroie l’impunité pour des guerres propres et légales. Il est l’indicateur du droit de tuer, prérogative à un crime banalisé, convenable. C’est parce que le terroriste ne possède pas d’uniforme qui le rattache à une entité guerrière légitime, que son action apparaît comme moralement inacceptable 4. A l’inverse, le crime d’Etat semble parfaitement en règle, pour la loi comme la morale. Asymétrie du pouvoir et des valeurs. Toutes les vies ne se valent pas lorsqu’elles se mesurent au prestige de l’uniforme. Si le terrorisme ne porte pas d’habits officiels, c’est qu’il est une lutte non-conventionnelle, de fait, peu présent sur le théâtre des opérations. Sa tourmente s’exerce sur sol civil.
Un sac abandonné dans un terminal. L’horreur du terrorisme réside dans sa dissimulation au cœur du quotidien le plus trivial. Déchirure soudaine au bout de l’attente. Il vient bouleverser notre rapport au présent en instiguant une atmosphère persistante de crainte et de suspicion qui mène à la paranoïa sécuritaire et la suspension des libertés. Il est l’effroyable jeu du hasard, chargé de la plus amère des potentialités: la mort. La fracture est d’autant plus grande pour des sociétés modernes où le décès est un tabou mal enfoui. Lorsque ce choc n’est pas directement vécu, il est véhiculé par les images des médias qui en assurent le traitement et la publicité. Dans une société du signe, la nécessaire communication politique que recherche le terrorisme, trouve dans le système médiatique une arme de propagande idéologique plus puissante que n’importe quelle ceinture d’explosifs. Afin d’attirer l’attention sur sa cause, le terrorisme se veut spectacle, adaptant sa forme à celle des canaux qui transmettent ses actions et sa voix. Le médium redevient le message. Nous assistons à la mise en scène de l’acte terroriste qui se réapproprie ainsi la visibilité dont il n’est pas maître. Sur les tréteaux de l’espace public le terroriste assène les trois coups.
Plus qu’une vitrine du terrorisme, les médias permettent surtout son assimilation par le passage nécessaire entre la phase de l’explosion et celle de la normalisation. Ainsi, l’étrange, l’imprévisible, l’inattendu s’adapte progressivement au corps de la normalité et s’inscrit dans les mémoires comme le seul possible jamais envisagé5. On assiste à la cicatrisation. Un acte à la fois violent et imprévu ne peut conserver son caractère d’exceptionnalité indéfiniment. La plaie mémorielle doit être recousue, et c’est avec le double travail du temps et des médias – banalisation du choc des images par leur reproduction comme autant de coups répétés qui finissent par faire disparaître la douleur – que l’acte terroriste peut passer du statut d’impossibilité concrétisée, à celui de possible assimilé. L’historien terminera le mouvement du journaliste en fixant ce vertige dans le factuel. En donnant à l’évènement une temporalité, il lui assurera l’intemporalité.
L’annonce de la mort de Ben Laden – euphémisme pour assassinat – où l’on voit les démocraties souffler dans un cadavre, bien heureuses de pratiquer une justice sans jugement, rappelle que la limite d’un Etat de droit et ses principes s’arrête où la lutte anti-terroriste commence. Le trophée enterre le procès sous les cris de joie d’une violence étatique légitimée, légitimante, pour les luttes à venir. La ligne de partage entre résistant et terroriste se décompose.
Au grand bal des explosifs, le terroriste, comme le barbare, c’est toujours l’Autre. A la question du terrorisme, dégager une vérité objective hors de nos perceptions relatives paraît dès lors illusoire. L’avenir indicible et tous les possibles envisageables confineraient-ils au cynisme et à l’apathie? Dans ce cas, pour le meilleur ou le pire, rien n’est vrai, tout est permis.
Voici le temps des Assassins 6
Article publié dans le numéro 12 d’International Ink.
- Louis Aragon, Aurélien, chapitre XXXVI ↩
- ibid ↩
- Jorge Lozano, Sémiotique de l’évènement et explosion, in La terreur spectacle: terrorisme et télévision, Daniel Dayan, Ed. De Boeck, ina, 2006 ↩
- Voir Nicolas Tavaglione, Les habits de la mort – Sur la différence morale entre terrorisme et guerre légale, in Raisons politiques n°41, 2011 ↩
- «Vu depuis le passé et en direction de l’avenir, le présent se donne à voir comme l’ensemble complexe de toute une série de possibles tous également dotés de probabilités. En regardant par contre vers le passé, le réel acquiert un statut désormais factuel. Il est devenu l’unique possible» Jorge Lozano ↩
- Arthur Rimbaud, Matinée d’ivresse ↩
ANIM
Travail d’animation réalisé au cours d’établissement des écoliers de 7ème VSO du Rocher. Nyon.
À PROPOS DE QUELQUES MALENTENDUS
(…)
« Une ligne de partage traverse l’ensemble du monde humain: il y a d’un côté ceux qui sont plus ou moins «dans le coup», de l’autre ceux qui, plus ou moins, n’y sont pas.
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Il m’a été donné, en mai 1968, de participer à une réunion de trois semaines qui rassemblait, à Villeurbane, presque tous les directeurs du théâtre populaire et de l’action culturelle. Dès les tout premiers jours, l’ensemble des participants se trouvaient d’accord pour dénoncer notre société, parce que «d’énormes quantités d’hommes et de femmes» étaient à la fois «contraints d’y participer à la production de biens matériels» et « privés des moyens de contribuer à l’orientation de sa démarche générale». Ce qu’ils désignaient ainsi, c’est un véritable processus d’»exclusion», une profonde «coupure culturelle» – recouvrant aussi bien une «coupure économico-sociale» qu’une «coupure entre générations». Et ce qu’ils se sentaient dès lors tenus de mettre en question «de la façon la plus radicale», c’était leur «attitude même à l’égards de la culture».
En proposant alors le terme de «non-public» pour désigner l’ensemble des «exclus», je n’imaginais guère les surprenants malentendus auxquels, durant un certain temps, il allait donner lieu. Mais les efforts mêmes que j’ai dû faire pour tenter de les dissiper m’ont permis, je crois, d’en dégager les racines.
Pour moi, et sans doute aussi pour un bon nombre de mes camarades, le «non-public» c’était la grande majorité de la population: tous ceux, hommes ou femmes, auxquels la société ne fournit guère (ou refuse) les moyens «de se choisir librement». Ce que nous demandions, c’était qu’il puisse «rompre» son actuel isolement, sortir du ghetto, en se situant de plus en plus consciemment dans le contexte social et historique, en se libérant toujours mieux des mystifications de tous ordres qui tendent à le rendre en lui même complice des situations réelles qui lui sont infligées. Ainsi faisions-nous d’emblée de l’action culturelle «une entreprise de politisation»:
(…)
Quant aux occasions de se politiser que nous nous proposions de fournir à l’ensemble du «non-public», notre texte précisait qu’elles devaient lui permettre « de se choisir librement, par delà le sentiment d’impuissance et d’absurdité que ne cesse de susciter en lui un système social où les hommes ne sont pratiquement jamais en mesure d’inventer ensemble leur propre humanité». C’est dire qu’il s’agissait pour nous de contribuer à un phénomène d’auto-politisation, en aidant sans relâche les éventuels intéressés à s’exprimer, à se rencontrer, à imaginer et à réfléchir en commun, jusqu’à se concevoir capables, peut-être, de se choisir. Ou, pour être plus précis: de s’engager, de façon aussi efficace que possible, dans les difficultés d’une action dont ils auraient alors à se donner les moyens proprement politiques.
C’est la profondeur des motivations, leur enracinement, qui nous semblaient essentiels: sur ce plan-la, c’est vrai, nous nous sentions relativement «compétents». Non point du tout au sens où nous nous serions crus en mesure de dire, aux hommes et aux femmes auxquels nous nous adressions, ce qui devait compter pour eux: mais parce que nous étions conscients des exigences de sens qu’ensemble nous représentions, sous des formes diverses. Ces exigences, nous n’en sommes évidemment pas porteurs par droit divin: nous les tenons au contraire pour constitutives de tout homme en tant que tel, c’est à dire en tant qu’individu appartenant à une espèce animale et conscient de ne pouvoir s’en satisfaire. Mais le fait est qu’au sein de notre «humaine» société, certains sont trop matériellement «satisfaits» pour se poser désormais la moindre question de sens – alors que d’autres, en beaucoup plus grand nombre, subissent une insatisfaction matérielle si pesante qu’ils sont eux aussi (mais d’une tout autre façon) quotidiennement détournés de faire valoir, et même de se formuler, leurs plus profondes exigences. Entre les uns et les autres, les étranges bâtards que nous sommes n’ont certes aucune raison de se glorifier de cette situation de bâtardise que la société leur à faite: mais ils seraient tout aussi peu fondés à s’en imaginer coupables… Et le seul problème, finalement, est de savoir comment ils s’y prennent pour l’assumer: c’est à dire pour tenter de la mettre avant tout au service de ceux qui s’éprouvent encore insuffisamment à même de contribuer, par des actes personnels, à cette progressive «humanisation de notre espèce» (ou «socialisation de notre histoire»). »
(…)
FRANCIS JEANSON: L’Action Culturelle dans la Cité (SEUIL 1972)
Fulgurites d’Action Culturelle
Un montage de quelques extraits de l’oeuvre importantissime du très regretté Francis Jeanson (1922 – 2009), meilleur parmi tous les agents: L’action culturelle dans la Cité, première partie. Que son corps repose en paix, mais que son esprit continue de super-veiller, nous inspirant de toute son intensité.
« Ils ont surtout besoin de s’entendre dire qu’un certain nombre d’hommes et de femmes se posent, ça et là, des problèmes très semblables aux leurs. (…): c’est de leurs ressources d’invention dans des contextes différents, et leur volonté de mise en commun de leurs expériences respectives que pourra surgir, tôt ou tard, une véritable politique d’action culturelle. »
« … pour autant que chacun d’eux y reconnaisse son exigence propre . Sans aucune garantie de succès, bien entendu, et pour la plupart d’entre eux, en dehors de toute «sécurité de l’emploi». »
« Aucune science ne saurait nous dispenser de faire, pour notre compte, le pari même sur lequel toute science repose. »
« Il s’agit de passer de la défensive à l’offensive pour redonner leurs chances aux pouvoirs humains contre l’inertie d’un système castrateur: de sorte qu’il faut bien qu’on en vienne à parier. Et non plus, seulement, sur une certaine masse d’individus prétendument concernés mais avec des personnes de plus en plus conscientes, de plus en plus responsables, de plus en plus en mesure de concevoir ensemble la finalité d’une lutte et les moyens d’action compatibles avec cette finalité. »
« Bon gré mal gré, nous sommes tous tributaires d’un «système» dont on peut, avec la même force, souligner le caractère conflictuel et déplorer la profonde stabilité. Quelles que soient les conceptions théoriques dont elles se réclament, toutes nos entreprises achoppent sur ce point: une «fin» n’est qu’un leurre, et la plus noble des «causes» retombe au niveau d’un pur et simple effet, aussi longtemps qu’on ne se donne pas le moyen décisif de se battre pour elle, en favorisant avant tout la prise de conscience et le pouvoir d’initiative des prétendus intéressés. »
« Recevoir n’est pas prendre conscience.
Toute prise de conscience suppose une opération, une prise en charge, un travail poursuivi sur soi-même en rapport avec d’autres consciences. Et, de ce point de vue, nous sommes encore assez loin du compte.
Théoriquement, nous en convenons tous depuis assez longtemps, il s’agit d’articuler l’une sur l’autre, la théorie et la pratique, l’exigence de sens et l’action transformatrice. Pratiquement, il s’agit de rendre possible, au niveau des hommes, eux-mêmes, le déclenchement de cette dialectique. D’où il faut conclure ou bien que la «fin» doit être conçue en termes plus concrets,ou bien que le centre de gravité du problème se situe désormais au niveau des «moyens»: ce qui m’a tout l’air de revenir au même. »
« Cette situation, nous en sommes tous responsables – dans l’exacte mesure, pour chacun d’entre nous, de ce qu’il y pourrait changer s’il entreprenait de le faire. »
« Car nous pensons beaucoup, c’est vrai; et nous arrêtons guère de nous informer, de nous tenir «au courant», afin de pouvoir, avec encore plus de pertinence, nous confiner dans notre orthodoxie, ou très libéralement la contredire au gré de nos humeurs… Dans les deux cas, nous pensons tout seuls: tout seuls, c’est à dire pour rien. Et nous avons poussé si loin cette attitude que nous parvenons même à penser théoriquement la nécessité d’allier la théorie à la pratique – et, pratiquement, à nous en contenter. Si tout va bien, nous ne tarderons plus à rejoindre l’aristocratique position de ces princes solitaires qui ont enfin rencontré la vraie question, le problème essentiel: «être ou ne pas être». Mais que s’agit-il d’être: la Vérité? la Justice? la Révolution?
Pour nous du moins, tous plus bâtards et faux princes les uns que les autres, l’«être» ne se donne jamais qu’en se refusant, comme la ligne d’horizon de notre propre démarche. »
« Virtuellement, tous les hommes sont désormais «dans le coup»; en fait, seule un infime minorité d’entre eux – à quelque niveau que ce soit – est en mesure de contribuer aux prises de décision qui définissent le présent et engagent l’avenir des collectivités humaines. A une situation aussi radicalement déséquilibrée, aucune réponse utile ne saurait être fournie par la simple conception de structures nouvelles, quels que soient les avantages qu’on leur attribue par rapport aux structures existantes. Car il ne suffit pas de «montrer» à telle ou telle quantité de «partisans» les théoriques bienfaits de telle ou telle conception: il faut en outre qu’un nombre croissant d’hommes et de femmes soient mis en mesure de prendre parti pour des structures qu’ils auront eux-mêmes conçues. »
« Telle est à mes yeux l’unique fin d’une «action culturelle»: fournir aux hommes le maximum de moyens d’inventer ensemble leurs propres fins.
Il s’agit en somme de réveiller au coeur de nos cités, la fonction civilisatrice: celle qui postule, dans le plus simple habitant de quelque village ou quartier que ce soit, un citoyen à part entière – une exigence de sens capable de contribuer personnellement à la gestion de la collectivité et à la création de ses valeurs. »

